J’ai failli tuer ma fille.
Il faut bien le reconnaitre…
Ca partait pourtant d’un bon sentiment: on m’a tellement bassine pendant toute la grossesse des bienfaits du lait maternel (magique, si, si), que, malgre une enoooormelegere apprehension, je me suis lancee.

Oui, parce que visiblement, en allaitant au biberon, il parait qu’ils tombent malades tout de suite ! Certains survivent, mais pas tous…!
Je m’imaginais deja ma petite Prunelle fievreuse, les yeux tout humides, transpirant a grosses gouttes, me regardant du coin de l’oeil (humide, on a dit), tout ca sous le regard accusateur de son Papa, si je ne le faisais pas.

Donc je me suis lancee…
Des le depart, j’avais de serieux doutes sur mes facultes de mere nourrisseuse: mon mirobolant 85A allait-il vraiment faire face ?? Mmmm ?
« Mais non, Madame, le volume des seins n’a AUCUNE influence sur la production de lait » m’a dit la pediatre, bien fort pour que toute la chambree de maternite prenne part a mes preoccupations (nous etions 3 mamans par chambre, + 3 maris, + 2/3 grands-meres, + 2/3 amis, +…). Voila, comme ca tout le monde est au courant.

N’empeche.

Retour a la maison…
Ma petite Prunelle pleure SANS DISCONTINUER. Nuit et jour. La seule chose qui la calme (un peu) c’est de la mettre au sein. C’est comme ca que je me retrouve en train d’allaiter 14 fois par jour (veridique), pendant en gros 3/4h chaque prise. Ne calculez pas, je l’ai fait pour vous: 10h30 par jour avec Prunelle au sein…

Mais vu que LA PEDIATRE m’a dit que tout est normal, que c’est comme ca: un bebe ca pleure, que le sein c’est a la demande, tout ca avec un ton fort sympathique (Traduire: « ces jeunes, ils veulent faire des momes, en croyant qu’ils vont avoir un tamagoshi. Et bien non ma belle, c’est comme ca, tu vas en chier toi aussi… ». Oui, il y avait tout ca dans le ton de ma pediatre), comme un vaillant petit soldat, JE CONTINUE.

« Je continue, je continue, c’est bon pour mon bebe, je continue, ne pas craquer, je fais ca pour le bien de mon bebe, continuer, continuer, encore, non je ne suis pas fatiguee, encore, ne pas craquer… »

CA Y EST: JE CRAQUE.

Et je change de pediatre. Prunelle a 1 mois, elle hurle 24h sur 24, je suis au bord de la depression nerveuse. Elle a forcement quelquechose qui ne va pas.

« Bonjour » (Tiens, une pediatre qui dit bonjour ?), « Quel est votre probleme ? » (Tiiiiens ? On peut donc avoir un probleme avec son bebe ?).
Apres exposition du cas (hurle beaucoup, ne dort pas plus de 12 minutes d’affilee, suis epuisee, 14 prises par jour, aidez-moi dooocteur…): « essayez de la passer au biberon pour voir si elle a faim » (Meeeeeerci…………).

Et la LE MIRACLE: premier bibi: Prunelle engloutit ca, d’un trait, sans broncher… Et quand elle a termine… Prunelle, repue, fait son premier sourire. Le premier sourire vrai, intentionnel, a mon attention a moi…. Et fait sa premiere nuit.
Mon mari et moi pleurons de bonheur a 4h du matin, quand on se reveille en sursaut et qu’on constate qu’elle dort depuis 3 heure d’affilee: « Elle pleure pas ? Mais tu crois que c’est normal ? Elle respire ? Oui. On la reveille pour lui donner son biberon ? »

Conclusion:

1/ Prunelle etait en train de mourir de faim… Et dire que nous, povres parents sans experience, on croyait qu’elle avait peur du noir / que c’etait des coliques / qu’elle avait « des angoisses du soir  » (lu dans un bouquin… Oui, oui, on se documente !) / qu’elle etait casse-pied /etc, etc…

2/ Je suis en train d’eriger une statue (en pate a sel) dans mon salon a ma nouvelle pediatre. Je lui dois certainement ma sante mentale a l’heure qu’il est, et Prunelle sait enfin ce que c’est DE NE PAS AVOIR FAIM !

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